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07/012/Discour de 27 Juin Par Mr.Abdi Billeh:Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,35ème anniversaire de la République de Djibouti.

Distingués invités,

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

Il me fait un immense plaisir de prononcer, ce soir, une allocution à l’occasion du 35ème anniversaire de la République de Djibouti.  Après une longue période de dominance étrangère, Djibouti, le pays des braves, se libéra du joug colonial.  Comme vous le savez, cette chère indépendance ne s’est pas produite sans sacrifice. J’aimerais donc réserver mes premières pensées à la mémoire de nos martyrs, ces hommes et ces femmes tombés au champ d’honneur, à ces inconnus qui n’ont pas hésité à sacrifier leur vie en échange de l’indépendance nationale. Permettez-moi de faire un bref survol historique des mouvements nationalistes afin que les jeunes d’aujourd’hui comprennent les souffrances de notre peuple. 

Comme vous le savez l’événement de ce soir nous permet de nous rappeler les chemins parcourus. Parmi les événements significatifs, le référendum de 1958 occupe une place importante dans notre histoire. Bien que ce référendum divisa les politiciens et la population en deux camps : Le oui (en faveur de la communauté française) et le non (pour l’indépendance), la cohésion nationale n’a jamais été ébranlée.

Au contraire, l’échec du référendum permit aux différentes communautés du pays de se regrouper davantage. Cependant, le pays avait perdu un grand homme, un grand nationaliste.   En 1960, Mohamoud Harbi s’exila  en Somalie où il forma un parti nationaliste : Le Front de Libération de la Côte Somali (FLCS). La même année, il sera mort dans un accident d’avion entre Genève et Le Caire.

Cette importante période de notre histoire mérite une attention particulière car Mahamoud Harbi, le premier nationaliste souverainiste, nous a laissé un héritage que nous nous devons de sauvegarder de l’oubli. Je souhaite que cette date charnière de notre histoire puisse occuper une place importante dans le cœur et l’esprit de chacun de nous.

Mesdames et Messieurs,

Le peuple djiboutien est brave. Il a une force de caractère qui lui est propre : la ténacité.  Il a su mettre en pratique lors des événements post-référendum.

Les années qui suivirent le référendum de 1958 furent terribles pour les habitants. Le régime colonial favorisa une partie de la population tout en réprimant une autre tranche. On assista à des déportations massives, des peines d’emprisonnement illégales, l’installation du barrage de Djibouti, le massacre de 1966 qui a fait plusieurs morts et plus de 300 blessés…et j’en passe.

Malgré cela, les mouvements nationalistes n’ont jamais abandonné leur cause. Ne pouvant plus garder la détermination du peuple à l’indépendance, le régime colonial organisa un deuxième référendum le 19 mars 1967.

Malheureusement, une autre fois encore, le résultat du référendum pencha en faveur de l’administration coloniale. Cela dit, l’histoire nous prouve que ce référendum fut gagné frauduleusement.

En cette soirée de la célébration de la fierté nationale, il importe de hisser haut les valeurs de notre nation : Unité, paix et égalité.  Pour ce faire, nous devons mettre de côté nos discordes et penser à ceux et celles qui se sont battus pour la souveraineté nationale que notre pays jouit à l’heure actuelle.

Penser  par exemple aux braves militants du Front de libération de la Côte des Somalis qui n’ont jamais baissé les bras même après l’échec du deuxième référendum. 

Nous avons le devoir et la responsabilité de transmettre cette histoire à notre jeunesse et de célébrer la bravoure de ces  nationalistes.

Gardant dans notre mémoire ces hommes qui n’ont pas hésité à sacrifier leur vie en échange de l’indépendance nationale lors du détournement d’un bus scolaire transportant des enfants français.

Mesdames et Messieurs,

Je ne saurais passer sous le silence les militants de la Ligue Populaire Africaine pour l’Indépendance (LPAI). Plusieurs Djiboutiennes et Djiboutiens de cette époque ayant risqué leurs vies pour la liberté sont probablement avec nous ce soir.  Mes chers amis, sachez que tous ces gens présents dans la salle vous sont reconnaissants.

La LPAI avait réussi à regrouper la quasi-totalité des mouvements souverainistes du pays. Certes, la LPAI poursuivait les actions qui furent menés par le parti de Défense des Intérêts Économiques et sociaux du Territoire (DIEST) de Hassan Gouled, du Mouvement d’Union Républicaine (MUR) de Mahamoud Harbi, du Parti du Mouvement Populaire (PMP) de Absieh Bouh, du Front de Libération des Cotes des Somalis (FLCS) et de l’Union Démocratique Afar (UDA) d’Ahmed Dini.

Les objectifs politiques du LPAI convergeaient vers un but commun : l’unité nationale et l’indépendance du pays.

Le troisième référendum du 8 mai 1977 permit à la LPAI et à la population de voter à 98.8% pour l’indépendance. Le 27 juin 1977, le territoire devint indépendant sous le nom de la République de Djibouti et comme président le chef du parti,  Hassan Gouled Aptidon. 

Mesdames et Messieurs

Bien que mon exposé ait consisté en un bref survol historique des mouvements nationalistes pour vous rafraichir la mémoire et permettre aux plus jeunes de se familiariser avec l’histoire de leurs parents et de leurs grands-parents, il n’en demeure que l’histoire de Djibouti est belle et riche. Djibouti possède une culture millénaire et des institutions traditionnelles fort enviables qui ont résisté aux changements. C’est donc notre devoir d’aimer et d’améliorer notre histoire! Des moments comme ce soir nous permettent d’admirer et d’honorer les sacrifies des gens qui nous ont donné la liberté.  Alors, célébrant majestueusement le 35eme  anniversaire DU PAYS DES BRAVES!

                  
Vive l’Indépendance Nationale.

Vive la République de Djibouti.

Je vous remercie.

Abdi Bileh,

Enseignant et chercheur en histoire

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